Historical dream account · French · original text

The inn stairway climbs to a garden in the clouds

Léon d’Hervey de Saint-Denys

Les Rêves et les moyens de les diriger; observations pratiques (1867) · Part III-VI; printed pages 363, 364, 365, 366; normalized source paragraphs 24; Wikisource revision 5698927

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« J’étais en voyage, j’arrivais je ne sais où. Je cherchais un gîte, ayant une valise sur mon épaule, et ne trouvant personne ni pour la prendre ni pour m’indiquer une auberge. J’aperçois cependant une enseigne de cheval blanc sur une maison d’assez bonne apparence ; mais la porte est si basse lue je suis forcé, pour entrer, de me courber péniblement et de traverser une assez longue voûte ; dans cette position incommode, plusieurs fois mon épaule se heurte au mur. À l’intérieur de l’auberge je suis reçu par une jeune servante, qui m’annonce que l’affluence des voyageurs est grande, et qu’il me faudra loger un peu haut. J’accepte par avance la chambre qu’on pourra me donner, et, replaçant ma valise sur mon épaule, je me mets à suivre la jeune fille par des corridors et des escaliers sans fin. Nous arrivons ainsi dans une salle haute comme une église, dont la muraille était recouverte de branches de fer disposées horizontalement les unes au-dessus des autres, de manière à servir tour à tour de poignées et de marchepieds. « N’auriez-vous point confiance en moi et ne voulez-vous plus me suivre ? » me demanda mon guide en commençant à gravir cette échelle. « Je vous suivrai jusqu’au bout du monde », lui répondis-je. Déjà, je ne me souvenais plus de ma valise, ni de l’auberge, ni d’une chambre à occuper. Je me sentais comme envahi par je ne sais quelle exaltation croissante. Ce n’était plus une servante qui me montrait la route ; c’était une sorte d’héroïne de roman. Je montais fort et léger. Comme nous touchions à la corniche, ma compagne appuya fortement la main sur mon épaule, passa par une petite fenêtre en m’engageant à la suivre, et me fit voir en perspective, à l’extrémité d’une plate-forme que nous traversâmes, une seconde ascension bien autrement périlleuse à accomplir. Cette fois, c’était une montagne taillée à pic qui semblait percer les nues. Des points d’attache étaient pratiqués dans le roc, comme dans le mur que nous avions déjà franchi. Seulement, ils étaient dissimulés par des broussailles, des racines et des anfractuosités. Celle qui me conduisait me donna sa main à baiser, avant de m’indiquer cette nouvelle route. Je me sentis électrisé ; et je m’élançai derrière elle, sans m’effrayer des hauteurs vertigineuses auxquelles nous parvenions, sans me laisser éblouir par l’énorme précipice qui se déroulait au-dessous de nous. Je ne voyais et je ne regardais d’ailleurs que le petit pied de mon guide, lequel exécutait les mouvements les plus gracieux en effleurant de temps en temps mon visage ; nous montions toujours, et il me semblait que mon intelligence, ma vigueur et mon exaltation croissaient sans cesse. Sur le point d’atteindre le couronnement de cet escarpement immense, une saillie qui surplombait se présenta comme un dernier obstacle ; ma conductrice me fit signe de me tenir ferme et posa son pied sur mon épaule, afin de gravir cette dernière saillie et ensuite de me tendre la main. Je me courbai pour qu’elle eût un point d’appui meilleur ; je tremblais qu’elle ne tombât dans l’abîme, où je n’eusse pas hésité à la suivre. J’éprouvais des angoisses terribles. Enfin, je sentis son pied s’enlever dans un mouvement que je fis pour l’y aider ; je me redressai et je vis ma compagne radieuse d’une inexprimable beauté. La saillie du rocher s’était aplanie ; devant nous s’étendait un jardin délicieux, plein de solitude et de lumière. Mon bras enlaçait la taille de la fée qui m’y avait conduit. Mes lèvres rencontrèrent les siennes. Je fus pénétré d’un tel frémissement de joie qu’il me parut que ma raison ne résisterait pas à cette épreuve. Sans le regretter d’ailleurs, je crus de bonne foi ma tête perdue. Je me disais intérieurement : « La folie est le bonheur. » La violence du plaisir me réveilla. »

Source & context

A historical recorded dream in the original French. Descriptive English title is an editorial navigation label, not a translation of the account. Any author interpretation or speculation is preserved as historical commentary, not as a modern scientific finding. This is not a modern Synastry community submission.

Léon d’Hervey de Saint-Denys, Les Rêves et les moyens de les diriger; observations pratiques (Paris: Amyot,1867), part III-VI, pp. 363, 364, 365, 366. Original French, Wikisource transcription revision 5698927.

Exact dream date is not established; 1867 is the publication year of the selected original French edition.

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Original author died 1892; 1867 published edition is out of term in the United States and the United Kingdom. Public Domain Mark is a status marker, not a newly granted license. No modern English translation is used and no worldwide copyright warranty is made.

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Part III-VI; printed pages 363, 364, 365, 366; normalized source paragraphs 24; Wikisource revision 5698927

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  • Romance

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